photo de la leaf 3 light

Tout savoir sur les ailes de petite taille

Si vous pesez moins de 60 kg, alors vous avez certainement déjà été qualifié(e) de “petit poids volant” et il est probable que vous ayez parfois du mal à trouver une aile à votre taille. De plus, qui n’a jamais entendu dire au cours de sa vie de parapentiste que les ailes de petite taille seraient moins performantes que les autres ?

En effet, au sein d’une même gamme de voile et à charge alaire égale, le parapente avec la plus petite surface aura tendance à se comporter différemment de la plus grande taille. D’où viennent ces différences de comportement et comment les expliquer grâce à la conception ? Au cours de cet article, nous allons décortiquer ensemble cette problématique qui concerne de nombreux pilotes.

Grande taille Vs Petite taille : quelles sont les différences de conception ?

Pour comprendre d’où viennent les différences de comportement entre les tailles d’une même référence de voile, il faut s’intéresser au processus de conception des parapentes.

Lorsqu’ils créent une nouvelle gamme de voiles, les concepteurs commencent par développer l’aile dans une taille unique. Cette taille est généralement choisie pour correspondre au poids total volant (PTV) des pilotes d’essai, afin qu’ils puissent tester les prototypes sans se lester afin de ne pas fausser les sensations de pilotage. Étant donné que les pilotes d’essai ont rarement un PTV correspondant aux plus petites ailes, les plus grandes tailles sont développées en premières puis adaptées sur de plus petites surfaces.

Après avoir terminé la mise au point de la première taille, l’étape suivante consiste à appliquer une homothétie* pour obtenir une base de travail pour les autres tailles. Cependant, cela n’est pas suffisant pour garantir les performances de chaque voile. Il est donc nécessaire d’adapter individuellement les caractéristiques et dimensions de chaque taille avant de valider la production de toute la gamme.

*Homothétie : L’homothétie est une transformation géométrique qui agrandit ou réduit une figure tout en conservant sa forme. Cela signifie que les dimensions de la figure originale sont multipliées par un facteur constant pour obtenir la nouvelle figure, qui est une image semblable de l’originale. En d’autres termes, l’homothétie change la taille d’une figure sans la déformer.

schéma illustrant le principe d'homothétie pour une voile de parapente

Cependant, une homothétie parfaite devrait réduire non seulement les dimensions de la structure et sa géométrie, mais également le diamètre des joncs et des suspentes utilisées, ou encore l’épaisseur du tissu qui compose le profil. Hors, ça n’est pas le cas dans la réalité : la dimension des matériaux, que ce soit leur diamètre ou leur épaisseur, restera inchangée quelle que soit la taille de la voile sur laquelle travaillent les concepteurs.

Il faut donc retravailler et modifier l’homothétie réalisée en amont pour que les caractéristiques de l’aile puissent correspondre aux matériaux qui restent communs à toute la gamme. Dès lors, on peut dors et déjà conclure que deux tailles, bien qu’appartenant à la même gamme, ne seront jamais parfaitement identiques en termes de structure et de construction pure.

Quelles conséquences découlent de ces différences de conception ?

Les matériaux utilisés ont un impact significatif sur le comportement des voiles de parapente de petite taille en raison de leur poids. En effet, étant donné que le diamètre d’un jonc reste constant quelle que soit la taille de la voile, sa contribution au poids total est plus significative sur les petites voiles que sur les grandes. Ce principe s’applique également aux autres composants tels que les sangles, les suspentes et les tissus. Ainsi, malgré la réduction de la taille de la voile, le poids des matériaux exerce une influence proportionnellement plus forte sur les petites voiles que sur les grandes.

Ce poids supplémentaire influence l’inertie de l’aile, modifiant alors son comportement par rapport à la taille initialement mise au point par les concepteurs. Cette inertie va avoir tendance à rendre l’aile plus réactive, avec plus d’énergie dans ses mouvements.

Afin de ne pas avoir une aile qui “attaque” trop, les concepteurs doivent alors modifier les réglages de calage pour cabrer les bouts d’aile et contre-balancer cet effet.

En augmentant quelque peu l’angle d’incidence des stabilos, les mouvements plus énergiques de l’aile sont adoucis grâce à un profil moins mordant et la réouverture de la voile est facilitée. En revanche, cela a aussi pour conséquence de créer un filet traînée supplémentaire, dégradant légèrement les performances de l’aile.

Pour résumer, afin de garantir un niveau de sécurité passive similaire sur toute la gamme, les concepteurs doivent parfois faire des concessions sur la performance. À noter que cette différence est infime et est presque négligeable sur les voiles de progression. En revanche, elle est bien plus évidente à haut niveau, sur les ailes de compétition type CCC où chaque détail peut faire la différence. C’est principalement pour cette raison que les ailes de petites tailles sont réputées pour être plus lentes et moins performantes que leurs grandes sœurs.

Test et homologation : quelles conséquences ?

En plus de la conception, plusieurs autres facteurs entrent en jeu lors du développement et du lancement de voiles adaptées aux pilotes de petite taille.

Les concepteurs sont confrontés à un autre défi qui peut les amener à proposer des plages de PTV supérieures à ce qu’une aile peut réellement prendre en charge : les tests d’homologation et de test en charge.

Pour comprendre ce point, il faut savoir que chaque taille de voile est homologuée individuellement du reste de la gamme (c’est la raison pour laquelle vous trouverez un rapport d’homologation différent pour chaque taille). Au cours de son homologation, une aile est testée deux fois : une fois au PTV mini et une fois au PTV max.

C’est là que notre problématique entre en jeu : si le PTV du pilote d’essai est trop léger pour atteindre le PTV maximum, il lui suffit de se lester pour arriver en haut de fourchette. En revanche, s’il est trop lourd pour le PTV minimum, il ne peut rien y faire et il faut trouver un pilote plus léger pour effectuer le test.

Pour homologuer une voile à un PTV très bas, il faut qu’un pilote très léger et ayant les compétences de pilotage nécessaires soit disponible pour faire passer l’aile aux tests d’homologation. Vous l’aurez compris, un tel pilote n’est pas toujours disponible pour faire passer les petites tailles d’aile.

supair step X et EVO LITE 2 en vol

Pour finir, intéressons-nous au test en charge. Contrairement à l’homologation où chaque taille est testée individuellement, seule la plus grande de la gamme est mise à l’épreuve lors du test en charge. Les plus petites tailles sont ensuite conçues avec le même niveau de résistance, même si les tensions et contraintes qu’elles rencontreront sont inférieures à la plus grande taille.

De ce fait, le concepteur assure la conformité de l’intégralité de la gamme par rapport au test en charge, mais les plus petites tailles sont largement surdimensionnées. Cette caractéristique est très sécurisante, mais elle représente aussi un poids supplémentaire pour les petites tailles. Comme nous l’avons vu plus tôt, qui dit poids supplémentaire dit plus d’inertie, ce qui nous amène une nouvelle fois aux conséquences décrites plus haut : comportement plus agressif, vrillage des bouts d’aile, traînée supplémentaire et performances qui peuvent être dégradées.

 

L’évolution de la communauté parapentiste

Pour finir, nous pouvons aborder un point qui concerne plutôt l’évolution du parapente et du profil de ses pratiquants que la conception pure.

De nos jours, il y a plus de parapentistes de petite taille qu’avant, en partie grâce à l’augmentation du nombre de femmes pratiquant ce sport. En effet, si la gente féminine (qui a tendance à être de plus petit gabarit que la gente masculine) représente aujourd’hui 1 pilote sur 6 environ, elles étaient bien moins nombreuses quelques années en arrière. Aussi, la pratique du parapente est devenue plus accessible grâce aux innovations technologiques, les parapentistes commencent à voler à un plus jeune âge, ce qui signifie qu’ils sont aussi plus légers. Pour toutes ces raisons, la demande du marché en termes de voile de petit PTV est en constante progression.

Photo de la sellette Altirando Lite 2 en mode sac à dos

Auparavant, les fabricants n’avaient pas grand intérêt à s’éterniser sur le développement de petites tailles d’ailes puisque ce profil de pilote était particulièrement restreint. Mais maintenant, ce marché se développe et la demande de matériel adapté augmente. C’est pourquoi les concepteurs accordent plus d’attention à leur gamme pour offrir des plages de PTV qui descendent plus bas qu’auparavant. Cette expansion du marché incite également les concepteurs à se pencher davantage sur les défis liés à la conception des petites ailes et à trouver des solutions pour garantir des performances comparables à celles des grandes tailles. En résumé, le secteur évolue pour répondre aux besoins des pratiquants.

En conclusion

Vous avez désormais toutes les clés en main pour comprendre les différences qui peuvent exister entre deux tailles d’une même gamme et ce qui les justifie. Que ce soit pour des questions de sécurité passive ou d’adaptation à la demande du marché, la manière de concevoir les petites ailes évolue sans cesse et représente un sujet d’actualité au sein des bureaux d’études.

Cependant, il est essentiel de retenir une chose essentielle : choisissez toujours votre parapente en fonction de la fourchette PTV préconisée par le constructeur. Il n’est pas recommandé de choisir une aile plus grande et de se lester en-dessous pour bénéficier d’une aile plus performante. La meilleure aile sera toujours celle qui correspond à votre gabarit.

Pour les petits poids qui sont en train de lire cet article, nous vous invitons à découvrir l’aile qui relève tous ces défis de conception : la LEAF3 Light XXS, EN-B accessible dès 45 kg de PTV, est toujours aussi fun et performante que ses grandes sœurs. Son pilotage reste joueur et intuitif pour vous accompagner dans votre progression après votre aile école.

Pour tous les autres gabarits, nous espérons que vous trouvez votre bonheur au sein de la gamme des ailes Supair pour vous permettre de voler avec un parapente qui vous ressemble.

LEAF 3 Light XXS - designed for very light weights !

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